OGM - position d'Hervé Gaymard 13-05-2008

Hervé GAYMARD :

« Pourquoi j’ai choisi de m’abstenir à l’occasion du vote de la loi transposant la Directive Européenne sur les OGM »

L’Assemblée Nationale va examiner, en deuxième lecture, la loi portant transposition de la Directive européenne relative aux OGM.

Que prévoit cette loi ? Elle crée un cadre juridique à la culture des OGM : transparence des cultures, responsabilité du cultivateur en cas de dissémination, création d’un Haut Conseil des Biotechnologies, confirmation de l’étiquetage pour permettre au consommateur de choisir librement…

Mais le débat a tellement été caricatural entre pro et anti-OGM qu’on en a oublié le contenu. C’est la raison pour laquelle, en première lecture, j’avais délibérément refusé de prendre part au vote, seule façon de manifester mon irritation devant ce débat confisqué.

Sur le fond, ma position n’a pas varié depuis que j’étais Ministre de l’Agriculture : j’ai mis en place avec mes collègues européens l’étiquetage pour la transparence et la liberté de choix du consommateur ; j’ai été codécideur de la clause de sauvegarde pour les importations ; je suis favorable à la recherche en laboratoire ; en l’état actuel des connaissances, je ne suis pas favorable à la recherche en plein champ. Par ailleurs, je ne pense pas que la France, ni l’Europe aient besoin des OGM pour leur agriculture.

Je rappelle aussi que le problème des OGM concerne aujourd’hui principalement l’Amérique du Nord, et le Brésil, même dirigé par le Président Lula, qui n’a pas arrêté la culture des OGM à grande échelle. Il ne faut donc pas non plus se laisser intimider par la pression militante qui veut faire croire qu’il y aurait péril en la demeure en France.

En deuxième lecture, j’ai donc décidé de m’abstenir lorsque le vote sur ce texte interviendra.

Refuser de le voter, c’est maintenir le vide juridique actuel, qui est dangereux, d’autant que le texte est très prudentiel. Et qu’il permet aux agriculteurs savoyards de refuser les OGM. Mais pour autant j’ai décidé de ne pas le voter, pour manifester ma vigilance sur ce dossier, ainsi que ma conviction que l’agriculture française peut garder toute sa place sans recours aux OGM.

 

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